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La Femme de mon frère
(La Femme de mon frère)

Can. 2019. Comédie dramatique de Monia Chokri avec Anne-Élisabeth Bossé, Patrick Hivon, Evelyne Brochu. Une doctorante en philosophie, qui vit une relation fusionnelle avec son frère psychologue, est désemparée quand celui-ci s'éprend d'une gynécologue. Prémisse prometteuse. Scénario bavard, pas toujours abouti. Quelques moments d'émotion. Réalisation parfois inventive, parfois maniérée. A.-E. Bossé investie. (sortie en salle: 7 juin 2019)

Général Général
Mediafilm

Genre : Comédie dramatique
Année : 2019
Durée : 117 min.
Réalisation : Monia Chokri
Scénario : Monia Chokri
Photographie : Josée Deshaies
Montage : Monia Chokri
Justine Gauthier
Pays : Canada (Québec)
Distributeur : Les Films Séville
Interprètes : Anne-Élisabeth Bossé
Patrick Hivon
Evelyne Brochu
Sasson Gabai
Micheline Bernard
Mani Soleymanlou
Magalie Lépine-Blondeau
Jocelyne Zucco
Niels Schneider

Doctorante en philosophie politique au chômage, Sophia est hébergée par Karim, son frère psychologue avec lequel elle vit une relation fusionnelle. L'univers de la trentenaire sarcastique se met toutefois à chanceler le jour où son éternel complice, qui a accepté de l'accompagner à la clinique d'avortement, s'éprend d'Éloïse, la gynécologue chargée de procéder à l'opération. Quelques semaines plus tard, dans un restaurant italien, la praticienne, heureuse en amour avec Karim, présente à Sophia son meilleur ami, sage-femme célibataire à la recherche d'un colocataire. C'en est trop pour la soeur délaissée.

L’avis de Mediafilm

Révélée par Xavier Dolan en 2010 dans LES AMOURS IMAGINAIRES, Monia Chokri (NOUS SOMMES GOLD) a réalisé trois ans plus tard "Quelqu'un d'extraordinaire", un court métrage vif et punché. Son premier long métrage s'inscrit dans cette continuité. Prometteuse, sa prémisse psychologique est cependant ankylosée par un scénario résolument verbomoteur, qui frôle par moments la cacophonie, et quelques développements inaboutis. La réalisation, qui comporte d'évidents efforts d'invention visuelle, confirme toutefois la place de la cinéaste comme satellite dans la galaxie Dolan (format d'image carré, objets virevoltant au ralenti, musique omniprésente, montage maniéré, etc.). Très investie dans son rôle, Anne-Élisabeth Bossé (également découverte dans LES AMOURS IMAGINAIRES) ne manque pas de convaincre. Cela dit, elle ne parvient pas toujours à rendre attachante, aux yeux du spectateur, l'insécure protagoniste. (Texte rédigé en mai 2019, dans le cadre du Festival de Cannes - Un certain regard)

Texte : Louis-Paul Rioux