5

Ma vie avec John F. Donovan
(The Death and Life of John F. Donovan)

Can. 2018. Drame de Xavier Dolan avec Kit Harington, Jacob Tremblay, Ben Schnetzer. À la mort d'un célèbre acteur américain, un jeune comédien se souvient de la correspondance qu'il a jadis entretenue avec lui, et de l'impact de ces échanges sur leurs vies. Film-somme ambitieux mais inabouti. Scénario alambiqué, à la narration intrusive. Réalisation maniérée, frôlant l'autoparodie. Distribution impressionnante, bien exploitée. (sortie en salle: 23 août 2019)

Général Général
Mediafilm

Genre : Drame
Année : 2018
Durée : 123 min.
Réalisation : Xavier Dolan
Scénario : Xavier Dolan
Jacob Tierney
Photographie : André Turpin
Musique : Gabriel Yared
Montage : Mathieu Denis
Xavier Dolan
Pays : Canada (Québec)
Grande-Bretagne
Distributeur : Les Films Séville
Interprètes : Kit Harington
Jacob Tremblay
Ben Schnetzer
Natalie Portman
Susan Sarandon
Kathy Bates
Thandie Newton

Jadis vedette d'une série très populaire à la télé américaine, John F. Donovan est retrouvé mort chez lui dans des circonstances nébuleuses. Un jeune acteur, Rupert Turner, croit tenir la clé de l'énigme. Quant il était enfant, il a entretenu une longue correspondance avec Donovan, qu'il idolâtrait. À l'occasion d'une entrevue accompagnant le lancement d'un livre sur ce sujet, Rupert confie à une journaliste les détails de sa relation avec le défunt. Au fil de cette conversation, se profile la descente aux enfers d'une jeune star isolée, forcée de vivre dans le mensonge, et qui avait trouvé un certain réconfort dans ces échanges épistolaires avec ce petit admirateur, grandissant lui aussi seul, à l'autre bout du monde.

L’avis de Mediafilm

Après les anecdotes entourant son budget (37 millions de dollars), son premier montage de plus de 4 heures, l'effacement du personnage de Jessica Chastain et sa parution maintes fois reportée, sort enfin ce premier film en anglais de Xavier Dolan (MOMMY, JUSTE LA FIN DU MONDE). Hélas, force est de constater que la montagne a accouché d'une souris. Pas que le film soit le ratage complet dénoncé par plusieurs. Résolument moyen, malgré sa grande ambition, l'exercice apparaît comme le bilan d'une première phase de carrière pour le cinéaste québécois. Dolan revisite en effet les thèmes de sa jeunesse, mais via une structure prévisible, qui souligne lourdement les parallèles entre ses deux protagonistes. Le résultat, au carrefour du "best of" et de l'autoparodie (cf. la scène des retrouvailles au son de "Stand by Me"), est certes soigné, mais dramatiquement peu convaincant: scénario alambiqué, narration intrusive, personnages à la limite du cliché, etc. Une distribution impressionnante, bien exploitée, rachète parfois le film, sans parvenir à effacer l'impression qu'il vaut moins que la somme de ses parties.

Texte : Georges Privet