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Jojo
(Jojo Rabbit)

All. 2019. Comédie satirique de Taika Waititi avec Roman Griffin Davis, Thomasin McKenzie, Taika Waititi. Les convictions d'un enfant des Jeunesses hitlériennes sont ébranlées lorsqu'il apprend que sa mère cache une jeune juive. Comédie noire bien menée, abordant le nazisme à hauteur d'enfant. Quelques longueurs et maladresses dans le traitement. Bons acteurs. (sortie en salle: 1 novembre 2019)

Général (déconseillé aux jeunes enfants) Général (déconseillé aux jeunes enfants)
Mediafilm

Genre : Comédie satirique
Année : 2019
Durée : 108 min.
Réalisation : Taika Waititi
Scénario : Taika Waititi

D'après le roman de Christine Leunens.
Photographie : Mihai Malaimare Jr.
Musique : Michael Giacchino
Montage : Tom Eagles
Yana Gorskaya
Pays : Allemagne
États-Unis
Distributeur : Fox Searchlight
Interprètes : Roman Griffin Davis
Thomasin McKenzie
Taika Waititi
Scarlett Johansson
Sam Rockwell
Rebel Wilson

Enrôlé dans les Jeunesses hitlériennes, Jojo, 10 ans, rêve de faire partie de la garde rapprochée du Führer. Ses camarades se moquent pourtant de lui, du fait de sa maladresse et de son coeur tendre. Pour briser sa solitude, Jojo converse avec son ami imaginaire, Adolf Hitler, dont le caractère est beaucoup plus fantasque que celui du véritable dictateur. Mais les convictions du garçon et sa fidélité au Reich sont ébranlées, le jour où il découvre que sa mère adorée cache une jeune juive dans leur maison.

L’avis de Mediafilm

Après THOR RAGNAROK, Taika Waititi signe une nouvelle comédie, plus risquée toutefois, puisqu'elle jongle avec le sujet délicat de la haine raciale. Au carrefour de LA VIE EST BELLE de Roberto Benigni et MOONRISE KINGDOM de Wes Anderson, le cinéaste revisite l'Histoire en imaginant les Jeunesses hitlériennes telles une colonie de scouts adhérant au nazisme comme à un groupe de rock à la mode. Le film exclut intelligemment la figure historique d'Hitler au profit de celle imaginée par l'enfant, et qui s'apparente à une sorte d'oncle déjanté et infantile (incarné par Waititi lui-même). Malgré des longueurs et des décalages parfois maladroits (le film vise un public américain contemporain, plutôt juvénile), le pari est assez bien relevé, grâce à un humour efficace et au regard sensible, à hauteur d'enfant, privilégié par le cinéaste. (Texte rédigé en octobre 2019, dans le cadre du Festival du nouveau cinéma de Montréal)

Texte : Apolline Caron-Ottavi