4

Motherless Brooklyn

É.-U. 2019. Drame policier de Edward Norton avec Edward Norton, Gugu Mbatha-Raw, Alec Baldwin. Dans les années 1950 à Brooklyn, un détective privé, atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, enquête sur le meurtre de son patron. Adaptation vivante et colorée du roman de Jonathan Lethem. Récit foisonnant, aux enjeux sociaux pertinents. Quelques longueurs. Réalisation soignée. E. Norton et A. Baldwin impeccables. (sortie en salle: 1 novembre 2019)

Général (déconseillé aux jeunes enfants) Général (déconseillé aux jeunes enfants)
Mediafilm

Genre : Drame policier
Année : 2019
Durée : 144 min.
Réalisation : Edward Norton
Scénario : Edward Norton

D'après le roman de Jonathan Lethem.
Photographie : Dick Pope
Musique : Daniel Pemberton
Montage : Joe Klotz
Pays : États-Unis
Distributeur : Warner Bros.
Interprètes : Edward Norton
Gugu Mbatha-Raw
Alec Baldwin
Willem Dafoe
Bruce Willis
Ethan Suplee

Brooklyn, années 1950. Frank Minna, patron de l'agence de détectives privés L&L, est froidement abattu en pleine rue, sous les yeux de Lionel, son fidèle employé et ami. Pour ce dernier, orphelin atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, le monde s'écroule. Bien décidé à venger son mentor, il se lance aux trousses des meurtriers. Propulsées par la puissance de son esprit obsessionnel, ses recherches le mènent rapidement dans les milieux politiques de la ville. À la tête du comité exécutif nouvellement élu, un maire corrompu et lâche, et parmi les conseillers, un entrepreneur raciste qui s'est autoproclamé responsable du développement urbain. Et qui ne souhaite qu'une chose: raser un à un les quartiers insalubres, habités par les Noirs et les minorités ethniques. Au grand dam de Laura, une activiste afro-américaine qui en vient à assister Lionel dans son enquête.

L’avis de Mediafilm

Avec cette adaptation ambitieuse du roman de Jonathan Lethem, le comédien et réalisateur Edward Norton (KEEPING THE FAITH) ravive le film noir, un genre quelque peu tombé en désuétude, après avoir fait les belles heures d'Hollywood. Au centre d'un scénario foisonnant, on retrouve l'embourgeoisement, un enjeu social hélas toujours d'actualité. Ce thème est toutefois évacué à mi-parcours, au profit d'une romance prévisible, frôlant la mièvrerie. Le rythme incertain du récit génère en outre quelques longueurs. En revanche, la réalisation est colorée et l'atmosphère prenante, grâce à une direction artistique méticuleuse et une trame sonore jazzy. Dans la peau du privé aux neurones hyperactifs et aux tics incessants, Norton parvient avec maestria à éviter les pièges de la caricature. Face à lui, Alec Baldwin est rien moins que glaçant en entrepreneur visionnaire insensible et imbu de sa personne. Le reste de la distribution est irréprochable.

Texte : Charles-Henri Ramond