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Mafia Inc.

Can. 2020. Drame de moeurs de Daniel Grou-Podz avec Sergio Castellitto, Marc-André Grondin, Donny Falsetti. En 1995, un jeune francophone, protégé du parrain de la mafia montréalaise, tombe en disgrâce après avoir pris un moyen extrême pour faire passer de la drogue du Venezuela au Canada. Adaptation libre d'une enquête journalistique. Récit parfois choquant, reprenant les figures imposées du film de mafia. Réalisation vigoureuse et élégante. S. Castellitto imposant. M.-A. Grondin fébrile. (sortie en salle: 14 février 2020)

13 ans + (violence) 13 ans + (violence)
Mediafilm

Genre : Drame de moeurs
Année : 2020
Durée : 143 min.
Réalisation : Daniel Grou-Podz
Scénario : Sylvain Guy

D'après le roman de André Cédilot, André Noël.
Photographie : Steve Cosens
Montage : Valérie Héroux
Pays : Canada (Québec)
Distributeur : Les Films Séville
Interprètes : Sergio Castellitto
Marc-André Grondin
Donny Falsetti
Gilbert Sicotte
Mylène Mackay
Cristina Rosato

Au milieu des années 1990, Frank Paterno, parrain de la mafia montréalaise, espère légitimer ses opérations criminelles en investissant 180 millions de dollars dans la construction du pont de Messine, qui relierait la Sicile et le sud de l'Italie. Mais auparavant, il doit récupérer ladite somme auprès de son créditeur, un homme d'affaires grec qui se fait tirer l'oreille. Frank confie cette mission à son protégé Vincent, le fils du tailleur Henri Gamache, qui habille la famille Paterno depuis trois générations. Meilleur ami de Vincent, Giaco, le fils aîné du parrain, accepte toutefois mal que ce non-Italien ait été choisi à sa place pour superviser la trêve entre motards criminalisés, clans irlandais et gangs de rue. Découvrant que le bouillant Vincent a pris, de sa propre initiative, un moyen extrême pour importer du Venezuela une importante cargaison de drogue, Giaco provoque sa chute en disgrâce. Et ce, au moment où le cadet de la famille Paterno célèbre ses fiançailles avec Sofie Gamache, l'ambitieuse soeur de Vincent, qui travaille dans le secteur bancaire.

L’avis de Mediafilm

Par la vigueur et l'élégance de sa mise en scène, Podz (KING DAVE) confère du caractère à cette adaptation du livre d'André Cédilot et André Noël, sur l'infiltration du crime organisé dans l'économie légale au Québec. Or, outre les références au projet de pont en Italie et le piège tendu par les policiers aux investisseurs mafieux, le scénario, étrangement campé dans les années 1990, s'éloigne considérablement du matériau journalistique original. S'ouvrant sur une séquence révoltante et se concluant sur une image provocante, le scénario s'articule autour du conflit entre deux familles, l'une menée par un homme d'honneur puissant (calqué sur Vito Rizzuto), l'autre par une figure paternelle intègre mais faible, un rôle nuancé, défendu avec sensibilité par Gilbert Sicotte. Le récit n'échappe toutefois pas aux figures imposées du film de mafia, et la comparaison inévitable avec les classiques de Coppola, Scorsese et De Palma est clairement désavantageuse. La composition fébrile de Marc-André Grondin (L'AFFAIRE DUMONT, du même Podz) et intimidante du charismatique Sergio Castellitto (MARCHAND DE RÊVES), rééquilibrent les forces.

Texte : Louis-Paul Rioux