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Le Chant des noms
(The Song of Names)

Can. 2019. Drame de François Girard avec Tim Roth, Clive Owen, Luke Doyle. En 1986, un critique musical tente de découvrir ce qui est arrivé à son meilleur ami, disparu mystérieusement trente-cinq ans auparavant. Adaptation élégante du roman de Norman Lebrecht. Vibrant hommage aux disparus du camp de Treblinka. Récit d'amitié masculine convenu. Réalisation soignée. L. Doyle convaincant. (sortie en salle: 27 décembre 2019)

Général Général
Mediafilm

Genre : Drame
Année : 2019
Durée : 113 min.
Réalisation : François Girard
Scénario : Jeffrey Caine

D'après le roman de Norman Lebrecht.
Photographie : David Franco
Musique : Howard Shore
Montage : Michel Arcand
Pays : Canada
Distributeur : Entract Films
Interprètes : Tim Roth
Clive Owen
Luke Doyle
Catherine McCormack
Jonah Hauer-King
Gerran Howell
Misha Handley
Jakub Kotynski
Stanley Townsend

Londres, 1939. Zygmunt Rapoport, immigrant juif polonais, place tous ses espoirs dans son fils Dovidl, violoniste surdoué de neuf ans. Afin de garantir son avenir, il en confie la garde à l'impresario Gilbert Simmonds, lui-même père de Martin, un apprenti pianiste du même âge. Après une période d'adaptation difficile, les deux enfants trouvent dans la pratique musicale un canal de communication qui transcende leurs différences. En quelques années, ils deviennent inséparables. Jusqu'à ce soir de 1951 où Dovidl disparaît mystérieusement, quelques heures avant de participer à son premier concert international. Trente-cinq ans plus tard, Martin, devenu critique musical, se rend à Newcastle à titre de juré dans un concours d'artistes amateurs. À sa grande surprise, un jeune violoniste de condition modeste lui rappelle en tout point l'attitude et la posture uniques du disparu. Bouleversé par une telle similarité, Martin entreprend de remonter la piste de Dovidl.

L’avis de Mediafilm

Après l'inégale fresque historique HOCHELAGA - TERRE DES ÂMES, le réalisateur du VIOLON ROUGE retourne en terrain connu avec cette élégante saga musicale adaptée du roman éponyme du Britannique Norman Labrecht, tournée à Londres, Budapest et Montréal. La structure narrative imaginée par Jeffrey Caine (THE CONSTANT GARDENER) va et vient dans le temps et se déploie sur deux axes. D'une part, l'histoire d'amitié plutôt convenue des frères aux destins opposés. D'autre part, l'hommage vibrant aux disparus de l'Holocauste, narrée au présent. Touchant, pertinent, celui-ci donne lieu à un des temps forts du film, campé dans le cimetière érigé en plein coeur du camp de Treblinka. Réalisation technique irréprochable, superbe partition d'Howard Shore, photographie aux teintes chaudes de David Franco (BOYCHOIR), la proposition formelle est raffinée. Au chapitre de l'interprétation, les performances des jeunes comédiens emportent la mise. En particulier celle du nouveau venu Luke Doyle, aussi à l'aise devant la caméra qu'avec un archet dans les mains.

Texte : Charles-Henri Ramond