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High Life

All. 2018. Science-fiction de Claire Denis avec Robert Pattinson, Juliette Binoche, Mia Goth. Des condamnés à mort obtiennent une remise de peine en participant à une expédition spatiale, dirigée par une scientifique menant des expériences en fécondation artificielle. Récit personnel, au déroulement énigmatique. Moments d'une tendresse infinie. Passages confinant au grotesque. Réalisation étudiée. R. Pattinson stoïque. J. Binoche admirable d'abandon. (sortie en salle: 19 avril 2019)

16 ans + 16 ans +
Mediafilm

Genre : Science-fiction
Année : 2018
Durée : 113 min.
Réalisation : Claire Denis
Scénario : Claire Denis
Jean-Pol Fargeau
Geoff Cox
Photographie : Yorick Le Saux
Tomasz Naumiuk
Musique : Stuart Staples
Tindersticks
Montage : Guy Lecorne
Pays : Allemagne
France
Grande-Bretagne
Grande-Bretagne
Pologne
États-Unis
Distributeur : Entract Films
Interprètes : Robert Pattinson
Juliette Binoche
Mia Goth
Scarlett Lindsey
Andre Benjamin
Ewan Mitchell
Jessie Ross
Lars Eidinger
Agata Buzek
Claire Tran

Des condamnés à mort se font offrir une remise de peine, en échange de leur participation à une expédition spatiale à destination d'un trou noir, dont ils devront extraire l'énergie. L'équipage se retrouve bientôt sous l'emprise d'une scientifique névrosée, qui poursuit de manière obsessive des expériences en fécondation artificielle. Au cours du long voyage, les passions et les bas instincts remontent à la surface, avec des résultats dramatiques.

L’avis de Mediafilm

Claire Denis ne se trouve jamais là où on l'attend. Après la parenthèse ludique d'UN BEAU SOLEIL INTÉRIEUR, le cinéaste française revient aux tonalités plus sombres de son oeuvre (BEAU TRAVAIL, WHITE MATERIAL, 35 RHUM), plongeant cette fois sa vedette presque sans filet dans un univers glauque et malsain. Investissant la science-fiction à sa manière bien à elle, comme jadis le film de vampires dans le mal aimé TROUBLE EVERY DAY (inédit en salle au Québec), Denis prend le risque de diviser le public et la critique. De fait, son récit, habilement énigmatique dans sa construction, réserve à part égale des séquences inspirées, d'une tendresse infinie (la première demi-heure) et des passages confinant au grotesque, alors que sa méditation pessimiste sur l'avenir du monde sonne plus creux. De la même façon, elle alterne dans sa mise en scène images grandioses et décors de carton-pâte, avec un résultat plutôt déconcertant. Stoïque et sobre, Robert Pattinson (TWILIGHT, GOOD TIME) partage la vedette avec une Juliette Binoche admirable d'abandon.

Texte : Louis-Paul Rioux